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Les êtres maigrissant
Ils s'en vont sans presser, les êtres maigrissant,
Puisque le temps est passé, et chaque chose en son temps,
Par les autres délaissés, les maigrissant d'avant,
Les familles dépeuplées, mais le c½ur recueillant,
Nations de souvenirs, dont ils sont les monarques,
La chaleur d'un regard, le baiser d'un amant,
Se grisent et se déchirent, ils succombent à l'arnaque,
Puisque ils filent sans mémoire, défient le raisonnement...
Ils s'en vont arthritiques, les êtres maigrissant,
Les feuilles tombent de l'arbre, l'apparence s'est enfuie,
Tout ce qu'on voulait être, et paraître longtemps,
Disparaît sous un hêtre dont les branches ont pourri,
Naissance a ses rondeurs, que maturité reprend,
L'enfance a ses couleurs, alors que vieux blanchissent,
Passés à la machine, séchés à l'air du temps,
Ils s'en vont grisonnant, distendus et sinistres...
Le ticket composté pour le grand train de la vie,
Ils se sont fait des amis, des chagrins, des romances,
Quant au bout du tunnel, l'angoisse les prend au lit,
Le remède, c'est l'espoir, de voir la correspondance.
Et si jamais tout au bout, rien ne se trouvait là,
Si la lumière promise par la beauté du culte,
Ne brillait que dans leurs têtes, ils apprendraient béats,
Que toutes les religions sont des contes pour adulte.
Ils s'en vont malgré eux, les êtres maigrissant,
Et ils s'en vont trempés des larmes de l'amour,
Puisque perdre un aîné rappelle à leurs enfants,
Que jeunesse ne fait que passer, ils maigriront un jour,
Je suis fort comme Ulysse, si je veux, j'ai vingt ans,
Et mes neurones fleurissent de plus belle dans ma tête,
C'est le choix de Sophie, au péril de nos êtres,
Soit j'accepte de mourir, soit je « pars » en pleurant.
Texte par lonely-valentine










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