Pourquoi tu fermes les yeux, quand nos corps entrent dans la danse,
Celle que se font les amoureux, quand ils cèdent à leurs attirances,
Quand moi je plonge en ton regard, c'est l'innocence dont je m'avorte,
Toi tu ne me regardes qu'un peu, quel est cet autre, quel est cet autre...
Et moi je valse contre ton ombre, et chaque minute devient souffrance,
Je sens le poids de chaque seconde, j'entends les cris d'une noire enfance,
Des terres brûlées rêvant d'averse, mais l'égoïsme me tient les jambes,
Je voudrais tant que tu m'observes, quel est cet autre... à qui tu penses.
Et la musique se fait immonde, et nos symphonies s'assombrissent,
Et quand ma peine se fait profonde, je m'enracine dans tes sévices,
De ce toucher qui ne m'appartient pas, je sens ma peau qui devient rêche,
Comme fleur dépérit sous tes doigts, l'amour est l'eau dont tu l'assèches,
Mais ouvre les yeux, regarde moi, dans l'abondance dont tu m'as déchu,
Regarde ce que tu as fait de moi, dans la maigreur dont je suis vêtu,
Plus qu'un lambeau, de ma peau sans éclat, et ma chair est mise à nue,
Plus qu'une bouchée, une seule bouchée de toi, et mon addiction me tue.
Regarde moi... J'en oublierai mon nom pour que je puisse te plaire,
Juste pour toi... Je maquillerai mes lèvres pour que tu t'y désaltères,
Je convaincrai tes mains de ma peau mensongère,
Peau qui n'est que l'écrin d'une passion passagère
Quand tu crieras encore, que tu voudras le refaire,
De toutes les façons, de toutes les manières,
Je te donnerai tous ces plaisirs, sans mon amour qui t'indiffère,
Je serai l'homme de tes désirs, mais pas celui de tes prières...
Contre mon corps, soulager ton c½ur qui refuse de se taire,
Dans un dernier effort, oublier qui je suis, et fermer tes paupières...
Sur une chanson des Raveonettes, et d'une lame bien malhabile,
J'ai décousu le fil de mon être, j'en ai vidé toute la bobine...
Le disque tourne toujours dans ma tête, mais mon c½ur lui est immobile,
Sa mélodie doucement s'arrête, mais ton amour reste impassible...
Pour t'avoir aimé jusqu'à l'usure, la vie que je croyais invincible,
S'est effondrée dans un murmure, c'est un colosse aux pieds d'argile
Sur les pages blanches de mon futur, où tu demeures ma presqu'île,
La mort posera son écriture, et c'est d'une encre indélébile...
Et de l'étoile où je suis posé, à milles lunes de notre terre,
Je vis dans les reflets passés, de ton regard presque entrouvert...
Texte par lonely-valentine


