Ecrit en cours en quelques minutes.
Pour E.
Bohème
Le son de la foule vient salir le silence,
Alors que je marche seul dans mon imaginaire,
Perdu dans des pensées où fleurissent tes absences,
Je ne cueille que des fleurs d'une beauté mensongère,
Je te ressens encore jusqu'au bout des mes doigts,
Les restes d'un sourire accrochés à mes tempes,
Dans le creux de mes joues, des ruisseaux qui se noient,
Mes paupières sont fermées, mes larmes restées béantes,
Sous le poids des ténèbres, j'en oublierai ma voix,
Dans les jardins du temps, j'en oublierai mon nom,
C'est une de ces journées, encore passée sans toi,
Nos souvenirs enterrés, sous le poids des saisons.
Quand la lune est amère, et mon astre nostalgique,
J'esquisse à la fenêtre, des visages sans lumière,
Aux cieux j'ai dessiné, milles étoiles électriques,
Je ne connais d'obscurité, qui saurait te défaire,
Pourtant tu dévorais la vie, d'une affection sincère,
D'une saveur douce amère, doucement je t'écris,
Depuis que le paradis devient ton adultère,
Je t'envoie de la terre, des nouvelles un peu tristes,
Je t'écris d'une église où les dieux ont péri,
Où les larmes des anges sont devenues chagrins,
Sur le visage d'un saint, que plus rien ne bénit,
Je maudis même l'amour de subsister sans rien.
Sans toi pour me défendre, sans toi pour me guider,
Dans la cour de l'école, je cherche toujours ta main,
Le jour se lève encore sur une aurore abîmée,
Mon sauveur, mon idole, je me réveille en vain,
Contre des corps sans peur, des robots de l'amour,
Aux carcasses impeccables, mais aux c½urs décharnés,
Je me perds dans le métal, d'une froideur aux contours,
L'ivresse est détestable, mais mes doutes apaisés,
La nuit, je fais des rêves où j'oublie que tu n'existes,
Plus dans que ma tête, à jamais dans mon c½ur,
C'est mon verre qui se brise, et les murs qui s'effritent,
Le disque qui s'enraye sur la face du bonheur.
C'est une terre sans avenir, où l'on ne récolte que peines,
Quand notre appétit pour toi, dans le temps, s'est accru,
Depuis que tu es parti, nos campagnes sont laides,
Mélancolique graine, je ne pousserai jamais plus,
Et d'une plume engourdie, de ces mots de satin,
J'en veux même à mes rimes d'apaiser ma souffrance,
De ces joliment dits, pour ton corps sans entrain,
J'en veux à la poésie, pour toute cette élégance...
A ceux qui la séduisent, ces joueurs de destin,
La mort est la putain d'une vie bohémienne,
Ne vous croyez jamais à l'abri de ses mains,
Tu dansais loin du feu mais il t'a brulé quand même.
Texte par lonely-valentine


