Assis sur la plage qui autrefois berçait nos rires,
D'un sable un peu maussade, je construis notre empire,
C'est un château minable dont je ne veux plus sortir,
Mais il est confortable, lorsque les cieux m'attirent,
Dis-moi quel jour et à quelle heure doit passer la comète,
Celle qui m'envolera loin, loin du pays des larmes,
Je serai le satellite qui tourne autour de ta planète,
L'étrange mécanique qui veillera sur ton âme...
Dis-moi qui sont ces gens qui te verront renaître,
Qui sous un autre ciel, embrasseront tes joues,
Quand tu seras l'agneau qui veut innocemment paître,
Ils seront tes bergers, et éloigneront les loups,
Et si jamais tu t'égares, près de l'ombre d'un pêcher,
Si d'aventure je me pare, d'une nouvelle enveloppe,
Et si tes dents s'abiment contre une de ces peaux sucrées,
Que tu sois magnanime, si c'est ma chair que tu croques...
Près du château de sable que j'ai construit de ma terre,
Viendront mourir les vagues des amours éphémères...
L'existence est bougie que seuls les dieux détiennent,
Dis-moi quel est ce mal qui veut souffler la tienne,
J'entends mourir les astres lorsque ton souffle s'épuise,
L'univers est désastre quand tes forces s'amenuisent,
Quand les étoiles se fatiguent d'avoir aimé la lune,
Elles glissent et cannibale, moi j'en remplis mes dunes,
Des constructions bancales, qui fendent les ténèbres,
Et dans mon château de sable, j'attends qu'on te célèbre...
Toi, l'enfant, l'audace, courant sans réfléchir,
Dans le sable tes traces, l'écume du souvenir,
Il reste dans tes godasses, des algues entrelacées,
De la boue dégueulasse, et notre amour passé...
Pas une chambre d'hôpital, pas un oiseau qui pleure,
Pas de tristes sérénades, pas de méchants docteurs,
Pas une cathédrale et pas de bouquets de fleurs,
Dans mon château de sable, juste réside le bonheur...
Si en ce jour tu pars, et si ce soir... tu me quittes,
La flamme de mon regard brûlera mélancolique,
Mais bien au fond du c½ur, planqué sous ma peau fine,
La flamme de notre amour m'en cramera la poitrine,
Si fort que des mes cils, j'en tisserai des ficelles,
Si fort que des mes côtes, je construirai une échelle,
Pour aller jusqu'à toi, et atteindre tes orteils,
Posés sur un nuage, 12 avenue du Soleil.
Près du château de sable que j'ai construit de mes mains,
Sur une blanche comète, à jamais tu t'éloignes,
Et viendra un matin où l'on retrouvera un squelette,
A l'allure misérable, mais au sourire certain.
Texte par lonely-valentine
