Partout où les amants s'enlacent, mes mains cherchent dans le noir,
Le fantôme de tes doigts fugaces, mais n'en retire qu'un désespoir,
Je suis malade des gens qui partent, et mes poèmes sont mes mouchoirs,
Je garde mon c½ur des menaces, en le planquant au fond d'un tiroir...
Dans ma chambre au long silence, la solitude comme seule amie,
A qui je fais toutes mes confidences, je la maudis comme je la chéris,
Puisqu'elle me réchauffe de la souffrance, quand je l'enserre au fond du lit,
Mais lui voue une colère immense, quand elle chuchote « il est parti »...
Ton visage est resté dans la glace, tu te tiens tout près de mon reflet,
Ô grand jamais tu ne t'effaces, d'une manche, jamais ne te vois essuyer,
Tes lèvres me disent « un jour ça passe », mais tes yeux semblent le nier,
Et sur les miennes s'étendent les traces, de la morsure de tes baisers...
Sous la fumée d'une cigarette, que le temps a fumée pour moi,
Les cendres de notre amour volètent, jeunesse passe et ne revient pas,
Mes doigts autour de la gâchette, je vise l'homme maigre dans le miroir,
Ce n'est qu'une autre journée désuète, à détester ce que je peux y voir...
La mémoire de nos jours s'efface, à mesure que mon corps se cambre,
Et comme une vague je me fracasse, contre l'inconnu dans mon ventre,
Et à mesure qu'on se complète, je vois qu'il espère d'une foi insolente,
Que ce soit mon c½ur qu'il pénètre, comme une flamme incandescente,
Les sentiments cognent à la fenêtre, tout comme la pluie à ses carreaux,
Suppliant de la laisser entrouverte, mais ma fenêtre à des barreaux,
Les roses que l'on ne s'est pas offertes, restent sur la tombe de la passion,
Qui est morte avant même de naître, prématurée, mon c½ur dit non...
Les trottoirs respirent encore ton odeur, je la devine même entre milles,
Parmi celle des passants sans saveur, qui depuis ont foulé ma ville,
J'ai la démarche d'un homme sans c½ur, d'un automate sans les piles,
Je roule dans la carcasse sans moteur, d'une vieille et triste automobile...
Et même de savoir que t'es heureux, ne me réchauffe pas la nuit,
Et même de savoir que t'es amoureux, me fait chialer plus que me réjouit,
C'est que des formulations hypocrites, moi je veux te savoir malade de moi,
Que t'aies mal au plus profond des tripes, et que ça te retourne tout l'estomac,
Je veux que les poèmes de Baudelaire, n'aient plus de saveur quand tu les lis,
J'veux être le poète que tu préfères, qui fait de tes larmes des symphonies,
Je voudrais même mourir pour que tu me pleures, l'absolution pour ton retour,
La solution à ma douleur, serait qu'on m'arrache à cet amour...
Qui doucement berçait mon c½ur, qui ne fait plus qu'un battement sur deux,
C'est la mélancolie du tambour... Pleurez hautbois, résonnez « Adieux ».
Musique !
Putain,
J'suis peut-être le plus grand des poètes, mais j'suis amoureux amateur,
Je t'aimais sans oser l'admettre, et aujourd'hui... je m'en mords le c½ur.
Texte par lonely-valentine
