A écouter en même temps.
Il y a tellement longtemps que je t'aime, que les branches de l'amour ont vieilli,
Sont froissées mes années, mes poèmes, les tumultes de l'automne m'ont détruit,
Je cours après toutes les feuilles que tu sèmes, tout au fond de mon écorce, espérant,
Qu'avec un peu de fil, des aiguilles et de colle, on me rendrait mon allure d'avant,
Comme un mannequin sans bras, sans visage, je m'efforce de tenir face au vent,
La seule robe que m'ait cousue les adages, est un haillon de sève et de sang,
Dans une forêt où jamais les oiseaux ne viennent, j'attends qu'on me coupe, aveuli,
Il y a tellement longtemps que je t'aime, que toutes mes racines en ont pourri...
Il y a tellement longtemps que je t'aime, que j'ai vu hommes et civilisations,
Se lever, se construire, se détruire, dans des élans de hargne, de passion,
Dans l'humidité d'un monde de tristesse, a poussé l'arbre aux religions,
Dont les fruits n'apportaient qu'une ivresse, j'ai croqué jusqu'à voir l'illusion,
Je crois à tous les mensonges que tu me laisses, j'y crois presque comme à l'absolution,
Des mes mains hérétiques et impures, j'ai construit des églises en ton nom,
Moi qui me semblait penseur et bohème, je croule sous le poids de mes prières,
Il y a tellement longtemps que je t'aime, que Dieu en a quitté la Terre...
Il y a tellement longtemps que je t'aime,
Il y a tellement longtemps que j'attends...
Si dans ton c½ur, j'ai le trou d'une souris,
Dans le mien, tu as la place d'un géant,
Il y a tellement longtemps que je t'aime, qu'on en fera des histoires pour enfants
« Regardez, c'est comme ça que l'on s'aime », c'est magique, c'est éternellement,
Quand une main posera la question, « pourquoi ne l'a-t-il pas aimé autant ? »
On dira sans nulle autre raison, que t'avais peur d'un amour aussi grand,
Quand les étoiles s'écraseront sur la Terre, nous serons que poussière, des breloques,
Les comètes détruiront l'atmosphère, et la vie sera le souvenir d'une époque,
Il y a tellement longtemps que je t'aime, il y a tellement longtemps que j'attends,
A défaut que l'univers s'en souvienne, moi, j'ai comme une mémoire d'éléphant....
Texte et image par lonely-valentine




