Je m'en irai
Je m'en irai vivre, là où la vie prend sa forme,
Là ou la mort attend, que Dieu lui ordonne de faucher des hommes,
Je m'en irai vivre, là où se rejoignent les prières,
Des hommes de paix mourrant, sous les poings des hommes de guerre,
Je m'en irai vivre, là où les ballons éclatent,
Lâchés par un petit garçon malheureux, qui fond comme moi en larmes,
Je m'en irai vivre, là ou tu ne me retrouveras pas,
Puisque je t'aime entre les lignes, d'un livre que l'on n'écrira pas...
Je m'en irai ivre, de tout l'amour du monde,
Dont on se libère une nuit, dans un plaisir de quelques secondes,
Je m'en irai ivre, de toutes les saveurs de l'enfance,
Dont un enfant noir du Soudan, ne soupçonne même pas l'existence,
Je m'en irai ivre, de toutes les images de violence,
Que me crache mon poste de télé, sans se soucier des conséquences,
Je m'en irai ivre, de l'amour que tu m'donnais y'a longtemps,
Qui se résume maintenant, juste à de simples attirances...
Je m'en irai seul, puisque t'as pas voulu venir,
Puisque à cause de ça je pleure, dans une rame de métro,
Avec tes espoirs à maudire,
Je m'en irai seul, puisque aimer c'est souffrir,
Puisque aimer c'est choisir, de vivre le meilleur comme le pire,
Et le pire c'est mourir,
Je m'en irai libre, comme un véritable enfant,
Comme un gosse emporté, sur un tourniquet rouillé d'antan,
Je m'en irai libre, comme une maman en sang,
Comme une femme battue, par un amour qui fut bien trop grand,
Je m'en irai libre, en te laissant mes sentiments,
Noués dans de la dentelle, dans un cadeau de Noël,
Que t'ouvriras en pleurant,
Je m'en irai libre, sur un nuage qui passera,
Pour un enfer qui nous délivre, de celui qu'on vit ici bas,
De celui que je vis ici bas...
Ici bas...



